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Pourquoi a-t-on tant de mal à jeter ?

désordre et accumulation
Psychologie

Pourquoi a-t-on tant de mal à jeter ?

On dit souvent que cela va nous resservir, que le bric-à-brac que l’on amasse finira bien par être utile. En réalité, les objets que l’on accumule son d’une petite part de nous-mêmes. Il nous aide à nous définir et c’est pourquoi nous avons tant de mal à les jeter à la poubelle. Vêtements trop grands, objets abîmés ou paperasses en tous genres, les objets que l’on conserve déborde de nos placards. Selon une étude de 2016, réalisé par l’institut IFOP en collaboration avec Homebox, nous serions 77 % à stocker des objets sans savoir s’ils serviront un jour. 24 % d’entre nous évoque le manque de temps pour trier, 36 % déclarent avoir envie de les garder enfin, 33 % disent avoir l’intention de les réutiliser peut-être un jour. À l’exception de quelques cas particuliers, c’est l’accumulation qui représente la tendance et concerne tout le monde. On emmagasine à la maison comme au bureau, dans notre voiture ou dans le sac à main.

Des profils d’accumulateurs différents

D’après Valérie Guillard, qui a dirigé l’ouvrage Boulimie d’objets. L’être et l’avoir dans nos sociétés, il existe 4 profils d’accumulateurs :

  • L’accumulateur instrumental (« 10 m de papier peint pourront servir un jour »
  • L’accumulateur social (« cette friteuse pourra être utile à quelqu’un »)
  • L’accumulateur affectif (« c’est le caillou ramassé sur la plage lors de notre voyage de noces »)
  • L’accumulateur économique (« j’ai payé très cher ce manteau il y a 20 ans »

Quelque soit le profil, les objets s’empilent au point d’en posséder près de 300 000 par maison, d’après une experte américaine qui s’est amusée à décompter le moindre objet, de l’assiette à la petite punaise. D’après un autre chercheur auteur de la Métamorphose des objets, il dénombre près de 3500 objets qu’il considère important, c’est-à-dire qu’il emporterait s’il déménageait.

Est-ce que jeter un objet équivaut à jeter le souvenir associé ?

Dans certains cas extrêmes, les accumulateurs se retrouvent submergés, au point de devoir, chez eux, ce filet le long des murs remplis d’objets entassés les uns sur les autres. On évalue entre 2 et 6 pour cent de la population qui souffre, à des degrés divers de syllogomanie, une catégorie de trouble compulsif.

Le premier cas observé, qui depuis en est devenu une référence, en 1947 à New York, concerne 2 frères qui ont été retrouvés ensevelis sous 30 t tonnes d’objets. D’après les psychologues, la pathologie remontait un attachement avec les parents, dysfonctionnels ou anxiogènes. L’enfant cherche alors à compenser ce dysfonctionnement en donnant une importance affective excessive aux objets. Une fois adulte il a beaucoup de mal à jeter. Pour chaque objet c’est l’angoisse de la séparation qui se rejoue. Bien que ces pathologies existent chez certains, elle n’explique pas la tendance du commun des mortels à se laisser envahir par ces objets. Une explication pourrait venir de l’Eglise, qui a longtemps désigné les objets superflus comme des moyens de se détourner l’attention de Dieu. Les bourgeois, à l’inverse, exposaient fièrement leurs possessions. Posséder serait donc devenu un marqueur social de réussite.

Ranger, désencombrer, vider sa maison, devient néanmoins une préoccupation de plus en plus tendance, comme le prouve le succès de la Japonaise, spécialiste du rangement et auteur de l’ouvrage la Magie du rangement, Marie Kondo. La tendance est telle que les friperies et les tics de revente d’objets de seconde main aux États-Unis reçoivent trop de dons à cause du succès de l’émission « L’art du rangement » de la Japonaise diffusée sur Netflix.

Ceci dit, le rangement est souvent plus facile à dire qu’à faire. Beaucoup de personnes sont dépassées devant l’ampleur de la tâche et peuvent alors faire appel à des spécialistes, des coaches rangement. Faire le tri peut être très éprouvant, c’est pourquoi il est quelquefois impératif d’être accompagné par quelqu’un qui peut nous aider à faire des choix et bien évidemment à renoncer à certains objets. Selon l’étude IFOP, citée un peu plus haut, 53 % des personnes éprouvent des regrets après avoir réalisé un tri et 47 % d’entre s’en trouve soulagée. Si le chantier devient trop important, dans le cadre d’une pathologie de s’il remanie, comme nous l’avons vu un peu plus haut, il est aussi possible de faire appel à des sociétés spécialisées afin de vider votre maison.

Face aux nouveaux enjeux environnementaux, le recyclage est de plus en plus plébiscitée. Selon une étude, 76 % des gens trouvent plus important d’utiliser un produit que de le posséder. Ils étaient seulement 35 % en 2009. Un marqueur essentiel qui prouve que la tendance est plutôt à la dématérialisation et à l’essor de la location de biens.

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